3 ans au Japon

La vie trépidante d'une Desperate Housewife à Tokyo.

11 décembre 2008

10 raisons de ne pas aimer le Japon

Suite et fin de ce petit billet rétrospective : vais je trouver 10 raisons de ne pas aimer le Japon? Je me lance, sans y avoir trop réfléchi...

1 - Les moustiques : voraces et nombreux, ils nous ont vraiment pourri notre fin d'été malgré nos précautions
2 - La difficulté à apprendre la langue : je ne fustige pas le Japonais en soi, c'est une langue magnifique, mais sa difficulté d'accès pour nous les Européens. Sans travailler une à deux heures par jour, vous avez peu de chance de la parler ou de la comprendre. Nous n'avons pas mis l'effort nécessaire et surtout je pense que nous avons fait des erreurs fondamentales dans notre apprentissage, mais j'en reparlerai un peu plus tard.
3 - La sécheresse de l'hiver : des le mois de Novembre double crème obligatoire sur la peau pour éviter les craquelures (je n'ai pas eu l'occasion de tester l'été chaud et humide autrement que lors de notre voyage de noces, mais à Singapour c'est quasiment la même chose et pour l'instant je ne le vis pas trop mal)
4 - Les tremblements de terre... boudiou une fois qu'on a commence à les ressentir, ils deviennent profondement angoissants. Non on ne s'y habitue pas, en tout cas pas moi. On se demande lorsqu'on en ressent un si une nouvelle secousse plus forte va arriver, et on stresse...
5 - Le statut de la femme, quasiment obligée de rester au foyer. Certaines travaillent malgré leur maternité, mais c'est complique et d'après plusieurs témoignages elles ne sont pas reconnues dans leur travail. Être femme au foyer en soi n'est pas un mal, bien au contraire, mais il est dommage que cette société ne leur donne pas un vrai choix. De ce point de vue la, la France est quasiment un paradis sur terre...
6 - Les GPS qui ne parlent que Japonais (normal, on est au Japon me direz vous) mais surtout qui donnent des indications foireuses. Je pensais que c'était du à l'ancienneté du notre, mais j'ai appris que d'autres récents n'étaient pas toujours efficaces.
7 - La pluie froide, forte et persistante.
8 - (ca devient dur) L'ambiance sonore des magasins d'electronique : musique à fond la caisse, vendeurs sur leurs stands, ca hurle, ca braille, ca etouffe. Cela me surprend beaucoup car en tant que cliente j'aime passer un long moment a etudier les divers modeles disponibles d'un produit que je souhaite acheter, et cette ambiance là me herisse tant que je n'arrive pas a rester trop longtemps dans ces magasins...
9 - Qu'etre situee a 1h d'Ichigaya (le ghetto francais), c'est etre consideree comme habitant quasiment de l'autre cote du Japon par certains expats (non non je ne parle pas de vous Ariane, Gaelle, Sophie, Catherine, Vanessa, ne vous inquietez pas), et que c'est fort etonnant que vous n'habitiez pas là pour mettre votre fille a l'ecole Francaise (et oui, pas les moyens de s'y loger, desolee !)... alors que de mon cote je faisais des aller retours de plus d'une heure et demi plusieurs fois par semaine...
10 - la contradiction etonnante entre jardins et nature magnifiques et horribles maisons et structures urbaines grisatres, qui sont a peine maintenues par leur proprietaire.

Je pourrais citer aussi l'abondance de sacs plastiques mais je'en avais deja parle...

voila ! j'ai trouve, mais ca n'a pas ete si facile. J'ai retenu peu de choses contre les Japonais eux memes (le nationalisme, l'hypocrisie...) car je ne peux pretendre a vraiment les connaitre. Je n'aime pas juger sans avoir une reelle connaissance des choses.
PS : je reedite legerement le billet precedent... j'avais oublie une chose que j'adore.

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05 novembre 2008

Retour

Deja de retour a la maison : apres Miya Jima, Romane a enchaine colères sur colères, elle avait eu sa dose. Ainsi, après une matinée a Kobe ou j'ai enfin rencontre Sayaka, nous avons repris la route en direction de Tokyo. 8 heures de route, pour une arrivee a minuit (je ne vous raconte meme pas le reveil des enfants et le transfer dans leur lit... un poeme !). Un conseil : ne prenez jamais l'autoroute de nuit en semaine, c'est bonde de camions ! A touche touche et ne cessant de se doubler les uns les autres ! je deteste ca ! Encore une fois, la geographie difficile de l'archipel et le surpeuplement de l'est de l'ile expliquent ce remake de Duel.
De notre programme, nous avons renonce a Amanohashidate (trop de route), Hikone et le musee Miho (au grand regret de Nicolas)... voila de quoi nous motiver pour revenir au Japon dans quelques annees.... Par contre, meme si le cout de l'autoroute est tres eleve, nous sommes une nouvelle fois impressionne pas le service rendu. Une route impeccable, des aires d'autouroute nickel... et meme dans l'une d'elle un panneau indiquant par des diodes quels sont les toilettes libres. Les francais devraient s'en inspirer...
Notre voyage en image dans les prochains billets.... quand j'aurai le temps d'intercaler cela entre mes 12 travaux d'Hercule de cette fin de semaine : les demenageurs viennent evaluer le travail a realiser demain et nous recevons un ami de samedi a mardi soir.

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13 octobre 2008

Le dejeuner sur l'herbe

Et bien nous avons fêté la journée du sport, férié au Japon avec petits drapeaux nationaux sur les bus, de la meilleure maniere qui soit : allonges sur des bâches a pique nique au bord de la riviere (fleuve?) Tama, sous un soleil radieux (et oui, l'automne est une tres belle saison ici) et humant le parfum d'un barbecue concocte par nos hommes. Nous avons meme eu le plaisir de ne pas avoir à faire la police toutes les 5 minutes avec les marmots (une bonne dizaine, de 11 mois à 4 ans) : il y eut à peine quelques eclats de voix, quelques disputes autour d'un velo tres convoite, mais il y eut aussi un moment magique où certains d'entre eux lisaient sagement les livres apportes par une amie...

On m'aurait dit il y a un an qu'à 20 minutes de voiture de chez moi j'aurais le plaisir de faire un barbecue au bord d'une rivière en plein milieu de la plus grosse mégapole du monde, je ne l'aurais pas cru. La rivière Tama separe Tokyo de Kawasaki, 8e ville la plus peuplee du Japon (1,4 M d'habitants), prise en sandwich entre Tokyo et Yokohama. : c'est du cote de cette ville que nous etions installes. J'imagine que les terrains aux abords de la riviere sont inconstructibles, car je n'ai pas beaucoup vu de planification raisonnee (=gardons un peu d'espace vert et ouvert pour les habitants) dans cette conurbation surpeuplee. Il y a bien quelques buildings de part et d'autres, mais la plupart du temps 30 m de large de berges sont reservees aux pietons et cyclistes, en contrebas de la route et donc protegees des bruits de la ville. Des equipes de sport s'y retrouvent pour faire leur entrainement, des familles comme nous pour un barbecue, mais aussi quelques SDF aux tentes bleues. L'endroit est assez propre, malgre quelques detritus sous les ponts. Detail amusant, nous avons remarque que beaucoup de Japonais s'installaient pour pique niquer sous ces ponts justement. Le bruit ne semble pas les deranger...Autre detail surprenant, il n'y a quasiment pas de moustiques à cet endroit là. Certes le temps s'est rafraichi, mais chez moi ils sont toujours la, et voraces !

Kawasaki a peu de caractere, mais son enoooorme musee municipal, aupres duquel nous etions gares, m'intrigue... il est possible que nous y allions faire un tour un de ces jours. En attendant, nous avons eu droit à un petit tour by night : a 16h30, nous avons replie les baches, le soleil etant pres de se coucher. Puisque nous avions la voiture, nous sommes alles deposer un porte bebe dorsal emprunte à l'amie qui avait propose le barbecue : sans un numero de telephone pour guider le GPS, je pensais que l'expedition serait hasardeuse. Et bien pas du tout ! ma memoire visuelle des paysages urbains s'etant fortement accrue, j'ai retrouve sans probleme son immeuble. En revanche, une fois le GPS programme pour nous ramener a la maison, voila qu'il veut imperativement nous faire passer dans une zone pietonne ! Nous avons tourne de longues minutes, pris dans un dedale de rues et ruelles (sans nom, je vous le rappelle !), dans la nuit noire... chaque fois nous revenions sur la fameuse zone pietonne... "Il nous reste un demi-plein, tu crois qu'on va reussir a rentrer ?" me dit Nicolas. Et c'est la que notre complementarite nous a sauve de la dispute conjuguale : lui comptant sur moi pour nous orienter, moi comptant sur lui pour conduire la voiture. Impensable que l'un de nous claque la porte en decretant un retour par les transports en commun. Finalement, nous avons reussi à nous sortir de ce bourbier, à force d'essayer de nouveaux chemins. Ouf !

Et voila ma petite aventure du jour.. .que j'ai bien fait de consigner dans ce blog, car autrement je n'aurais certainement jamais su pourquoi il y a un quartier denomme Todoroki à Kawasaki, en face de notre quartier a nous... l'info est cachee dans ce billet....je vous laisse la decouvrir par vous meme ;o)

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31 mai 2008

Blade runner

Et voila, cela devait bien arriver un jour, intituler un billet "Blade runner". Lieu commun me direz vous... Force est de constater que je ne trouve pas d'autre titre pour caractériser nos expéditions d'hier soir et aujourd'hui. Nous étions invites chez des amis, les deux endroits étant situes au nord de Tokyo, et c'était la première fois que nous prenions la voiture pour parcourir ce type de trajet. Autant vous le dire tout de suite : si ce n'était pour les enfants et un gros objet à récupérer, nous aurions plus vite fait de prendre les transports en commun. Pourtant, Tokyo est lardée de voies express suspendues permettant de by passer les avenues encombrées et les nombreux feux de circulation. D'où l'effet Blade Runner : buildings et panneaux publicitaires se succèdent a leurs franges. De nuit, c'est clair, ça en jette.

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Mais ce n'est pas forcement si pratique que cela...

Premier problème : quand le GPS (nippophone exclusivement) nous demande de prendre une avenue située en dessous de ces voies suspendues (et nous devons bien passer dessous pour justement y accéder), le satellite nous perds de vue, et tant que nous sommes "caches", les flèches et schémas se figent et il est impossible de savoir quelle doit être la prochaine direction à prendre. C'est là que nous devons essayer de deviner: parfois l'écran nous donne une indication en kanji et à nous de repérer la direction sur les panneaux au dessus de nous, d'autres fois nous n'avons aucune indication et on rigole bien... jaune !
Deuxième problème : ouf, on remonte à la surface... justement sur une de ces voies suspendues. Aie! ça douille ! 700 Yens (environ 5 euros) le droit de passage. Tout cela est bien normal compte tenu de l'investissement que représentent ces ouvrages, mais si l'on compte les frais d'essence, d'entretien, voire de parking de la voiture, la petite escapade dans Tokyo revient bien plus cher que si nous avions utilise le train.

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Une fois sur ces voies express, la circulation était fluide en allant vers le nord, mais très encombrée pour revenir chez nous. Tropisme Tokyoite ? Cet impressionnant réseau de routes, parfois sur 2 niveaux, parfois souterrain, est particulièrement sinueux. Il pleuvait ces derniers jours, et se retrouver à 80 km/h (pour tenir le train des autres usagers) de nuit et sous une pluie battante n'est pas rassurant pour la desperate housewife que je suis, plus habituée à son petit 40 km/h lors de mes trajets vers l'école. D'autant que nous surveillions fébrilement l'écran du GPS... et c'est le troisième problème : mieux vaut ne pas louper sa sortie, car cela rajoute quelques kilomètres à l'expédition. Et hop ! c'est reparti pour un tour sous les voies rapides...

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J'imagine qu'à l'usage nous serons de plus en plus aguerris à ces routes (et pourtant ! venant sur Nice tres souvent, Nicolas est habitue à ces voies rapides !). Deja, nous avons bien repéré le trajet de retour, via Shibuya et Sangenjaya. Il ne reste plus qu'à potasser notre city atlas pour être un peu plus alerte et savoir improviser lors de nos prochains déplacements.

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01 mai 2008

(r)évolution

Ces derniers temps, je vous faisais des petites cachotteries, ici ou la par exemple...Mais quel est donc ce rêve que je caresse depuis plusieurs jours et quelle est donc cette formalité qui m'a amenée au consulat de France la semaine dernière ? Ne trépignez point amis lecteurs, je vais tout vous dévoiler ici. Voici un indice qui devrait vous éclairer en un rien de temps :

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Et oui, ce visage bien rondelet c'est celui que j'arborais en 1994. J'avais 19 ans et j'étais pleine d'espoir : pour moi à l'époque, le permis de conduire ne serait qu'une formalité et je me voyais quelques mois plus tard au volant de ma Flomobile, Madonna a fond la caisse dans l'autoradio (oui je l'avoue, je suis une vieille fan). Las, il me fallut au bas mot 6 ans, 4 auto-écoles différentes, plus de 200 h de cours et 6 passages d'examen pour réussir ce fameux permis. J'avais fait plus fort que ma mère et mon beau-frère et à ce jour je n'ai jamais rencontre de personne ayant eu plus de mal que moi à l'obtenir. Malgré mon handicap caractérisé à conduire, j'ai récupéré à vil prix la 405 de ma marraine, et j'ai tente de poursuivre mes efforts dans ce difficile exercice. L'état pitoyable du véhicule quelques mois plus tard (rétroviseur et porte droits exploses) auraient pu compromettre ma relation naissante avec Nicolas, mais il n'en a rien été. Il ne fait pas partie de ces hommes pour qui le moyen de locomotion est un élément essentiel de leur personne, et il se voit très bien au volant d'une Kangoo (là je mets mon veto tout de même !). Au départ pour l'Angleterre, nous avons quand même réussi à revendre cette poubelle voiture (merci Papa et Maman, je me demande encore comment vous avez fait) et depuis ce temps je n'avais que rarement posé mes mains sur un volant. Comme dit ma chère petite sœur, le permis je l'ai, mais c'est pour faire joli.
Bien sur, depuis que nous avons notre véhicule ici à Tokyo, la question se posait de me la faire conduire, notamment pour porter Romane à l'ecole. Comme d'habitude, je suis devenue championne des transports en commun, et je pensais que le bus allait me sauver la mise. C'etait sans compter sur Romane, adepte de la fugue à l'arrêt de bus et du caprice bruyant une fois montee dans ce dernier. Chaque fois c'est la loterie : sage comme une image ou graine de cantatrice wagnerienne....De plus, des bus il n'y en a pas des masses, et ces trajets pouvaient me prendre beaucoup trop de temps... Finalement, n'y tenant plus, je suis allee faire traduire mon permis au consulat, formalité indispensable et valable 1 an (après cela je vais devoir me faire etablir un permis japonais par équivalence). Le week end dernier, Nicolas m'a donc mis la voiture en main. Quel stress pour moi ! Conduire deja, mais surtout conduire à gauche... et conduire avec mes enfants derrière... Heureusement il est une chose qui me sauve : notre voiture est automatique (ce qui semble etre un standard au Japon) : je n'utilise qu'un seul pied (le droit pour l'accélérateur et le frein) et je n'ai plus de changement de vitesse à gérer. Mieux encore, la voiture se met en marche lente automatiquement si je relâche la pédale de frein (et bien sur le frein à main), ce qui est vraiment pratique pour les manœuvres. Bref, une automatique me libére une partie du cerveau et je m'y suis habituée très vite. Mais pourquoi donc les Européens s'acharnent ils à conduire de façon si compliquée ? (je suis sure que certains de mes lecteurs masculins auront plein plein plein d'arguments contre les automatiques, je suis toute ouïe !).
Alors conduire à gauche est ce si difficile ? et bien non, en tout cas je ne ressens pas de probleme particulier. Il faut effectivement garder en tete que l'on doit se placer sur la gauche, mais sinon rien ne change vraiment, meme la priorite reste à droite (edit du soir : pas du tout en fait ! la priorité est à gauche. Moralité : il ne faut pas toujours croire son mari ;o)) . Si quand meme ! le levier du clignotant du coup est à droite et non à gauche... au debut on se retrouve à enclencher les essuies glace par plein soleil ! Pour ce qui est de l'environnement de conduite, pour l'instant pour moi c'est tres facile : mon quartier est tres tranquille, il y a peu de voiture et elles roulent raisonnablement. Il faut cependant etre vigilant dans une petite rue sans trottoir, faire attention aux vélos et aux piétons, mais également aux voitures venant en sens inverse car parfois deux voitures ne peuvent pas se croiser. Un autre truc embêtant est la manie des Japonais de se garer en double file (évidemment, il n'est pas autorise de se garer le long de la route, donc on se met ou on peut pour un bref arrêt) : il faut donc parfois contourner l'obstacle avec beaucoup de vigilance. Mon trajet est simple et rapide (5 minutes a peine) et il y a de l'espace pour garer la voiture en face de l'école : je vais commencer par faire ce trajet régulièrement et puis au fur et a mesure que je me sens mieux avec le volant étendre ma zone de conduite.
Voila donc ma petite revolution, voulue par ma fille, car si elle avait su se tenir tranquille je n'aurais jamais ose sauter le pas. D'ailleurs, je file, il est temps d'aller la chercher à l'école....avec Beyonce à fond la caisse dans l'auto-radio ;o)

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10 avril 2008

Aventure autoroutière

Samedi nous avons profite de la présence de Pierre, un ami de Nicolas, pour nous lancer dans notre première virée touristique sur le sol Japonais. Visiter le pays en prenant notre temps est une des motivations principales de notre expatriation, motivation partagée par beaucoup de nos camarades français sur le sol Nippon. L'achat de la voiture était aussi motivé par nos envies d'excursions, car avec 2 enfants, nous nous imaginions mal nous transporter avec bagages dans les gares et aéroports japonais. Cette excursion était donc un test à plus d'un titre : comment allions nous rouler ? allions nous nous perdre? allions nous nous y retrouver financièrement ? comment les enfants allaient ils supporter le voyage? Pierre a fait les frais de notre esprit aventureux parce que ce n'est pas une petite escapade que nous lui avions concocté, mais la traversée du tiers d'Honshu : 500 km, direction Kyoto, et ce des le lendemain de son arrivée a Narita !
J'avais lu de ci de la que rouler en voiture n'était pas si facile : autoroutes chères, prises d'assaut le week end, police plutôt stricte... de quoi nous refroidir. Nous avions fait l'expérience fugace de l'autoroute sur la Daisen Kehin, et en particulier de la difficulté à en sortir ou à se repérer pour se démêler d'une erreur de pilotage. Ainsi, la veille j'avais préparé un bon pique nique, m'imaginant que peut être nous ne trouverions pas d'aire d'autoroute en chemin (oui oui, je le pensais vraiment !). Ce fut d'ailleurs l'occasion de préparer mes premiers onigiri, des boulettes de riz fourrées de poisson, de prune ou autres, et emballées d'une feuille de Nori, plat traditionnel des familles japonaises en vadrouille et en cas préféré des salary men : la transformation en maman japonaise est en marche ! En bonne fille et arrière petite fille de ma mère et de ma grand mère, je pressais Nicolas de nous réveiller très tôt, 5h du matin, pour un départ a 6h30 afin d'éviter la foule à la sortie de Tokyo. Mais son air de salarié épuisé par sa semaine a eu raison de ma motivation, et nous avons opté pour un départ à 8h.
Evidemment 8h se sont transformés en 9h30, et nous voila installés, Papa, Maman, invité, enfants et onigiris dans notre Mazda S Familia pour quelques heures de route. Le GPS heureusement a reconnu le numéro de téléphone de l'auberge dans laquelle nous avons réservé, nous n'avions plus qu'à suivre ses indications. Comme je l'avais pressenti, sortir de Tokyo pour rejoindre la Tomei Express way fut long, alors meme que nous habitons au sud ouest de Tokyo et vraiment pas loin de la Tomei. Plus angoissant etait le nombre de voitures sur cette autoroute : le rythme etait celui d'un retour de week end, pare choc contre pare choc, 30 km/h.

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Le GPS calculait l'heure d'arrivée estimée en fonction de la vitesse moyenne et nous annoncait une arrivee a 20h30 ! moi qui esperait encore que nous aurions une ou deux heures de jour en arrivant à Kyoto pour profiter de la ville, je me suis trouvée bien déconfite. D'autant que lors de notre voyage en 2006, j'avais fait le trajet en Shinkansen et constaté la continuite urbaine sur les trois quart du trajet : pour sur, s'il y a de la ville tout le long de cette autoroute, il y aura autant de trafic jusqu'a l'arrivée ! Je m'excusais deja aupres de Pierre pour la galere dans laquelle nous l'avions entrainé...Heureusement, cela n'a pas dure tant que cela et vers 11h nous avons pu rouler a 110 km/h, avec des pointes a 120/130. La vitesse est de toute facon limitee  a 100 km/h et il est plaisant de constater que les usagers la respectent. Quel plaisir d'ailleurs de ne pas voir filer devant soi des fous du volant mettant la vie des autres en danger !

CIMG1986Cote paysage, je pensais que nous serions enserrés dans des murs anti-bruit sur une grande partie du trajet, et bien je me suis trompée ! Rapidement ce sont les montagnes Nipponnes qui ont servi de décor a ce voyage,  beaucoup de cerisiers en fleur et pour quelques instants l'Ocean Pacifique. Qui dit montagne dit tunnels et il y en a beaucoup sur la route, au grand plaisir de Romane. Et qui dit montagne dit... Mont Fuji ! Nous l'avions loupé en 2006, mais cette fois ci, l'autoroute le contournant par le sud et avec un grand beau temps, nous avons pu profiter de ce cone quasi parfait pendant de longues minutes. Pas étonnant qu'il soit un symbole du Japon, il est imposant et imperial. J'ai pris une photo, mais pas exceptionnelle : au retour Pierre en a pris d'autres, mais malheureusement le Fuji était enveloppé dans un nuage étrange, la neige se confondant avec lui. Je vous les posterai plus tard.

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Sur le trajet nous voyons passer les villes tout est inscrit en kanji et romanji) : Hamamatsu, Nagoya...et un petit plaisir de bloggeuse à l'idée que je connais des gens dans ces villes si loin de notre hexagone.
Mais je sens que vous n'en pouvez plus d'attendre que je réponde à cette question essentielle à toute jeune maman : allais je trouver une aire d'autoroute décente sur ce trajet ? Et bien (rhaa quel suspense !!!) oui !!!! et plein même ! Le GPS nous les annonçait sur l'écran, sans que nous ayons à guetter les panneaux sur la route, ca c'est très pratique. Tres propres, bien séparées de la station essence (tant mieux, cela évite aux enfants d'inhaler des vapeurs d'essence...) et bien fournies, les stations d'autoroutes comprennent un combini, des stands de restauration (ramen ect...) et bien sur des petits coins bien propres. Plus etonnant cependant, un service de concierge ! Nous n'avons pas oser demander quels étaient les services fournis, nous imaginons par exemple des réservations d'hôtel...Je me demande si cela fonctionne 24h/24. J'imagine que cela doit être bien pratique quand on se trouve en galère pendant son voyage. Les employées étaient tirées à quatre épingles, comme si elle bossaient au Takashimaya de Ginza ! j'ai pris une petite vidéo pour vous montrer ....
(video Youtube, aire d'autoroute)
   
Et qu'est ce que Nicolas achète toujours sur l'autoroute ? des chewing gums... et un petit bloc de post it ?

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Non ! ce sont des papiers pour emballer son chewing gum une fois mâchouillé ! Il fallait y penser...

Les enfants ont très bien supporte le voyage : avec leur maman entre les deux sièges auto, c'est trop facile de réclamer des câlins et des histoires ("hein? tu veux que je te raconte pour la 22e fois Barbapapa ?"). Pendant que les garçons parlaient marchés et immobilier londonnien, j'en ai aussi profite pour apprendre mes cours de japonais... ya du boulot !

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Nous sommes finalement arrivés a destination a 18h30, en ayant traverse le nord de Kyoto et profité un peu de la Philosophers Walk (je crois !) dont les cerisiers étaient encore flamboyants. 9h de voyage certes, mais franchement pas désagreables. Au retour nous avons mis 1h de moins, l'arrivée sur Tokyo étant tres fluide.

Cout de l'opération? 9800 Y de péage pour chaque trajet (annoncés par le GPS aussi) et d'apres Nicolas 15 000 Yens d'essence, soit une addition totale de 35 000 Yens environ. Pas donné, mais à comparer au Shinkansen, le TGV nippon. Si j'ai bien compris leur grille tarifaire, chaque adulte aurait payé son aller retour entre 16 000 et 26 000 Y (selon le train choisi, le plus cher etant l'express) et ainsi meme au tarif le plus bas, et hors cout global de la voiture, pour trois adultes l'autoroute reste interessante, d'autant que nous n'avions pas à prendre les enfants sur les genoux, ni a gérer les nerfs de la demoiselle. Sur place, il etait bien pratique d'avoir sa propre voiture, les sites à voir etant dispersés autour de la ville.
Test réussi !

Voila pour l'épisode 1 de notre virée à Kyoto... à bientôt pour l'épisode 2 ;o)

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29 novembre 2007

Nous avons une voiture !

... et un frigo, et un lave linge, et un four micro ondes ! ces trois derniers items sont plus essentiels que la voiture, maismazda_familia_s_wagon_3491347_orig je suis réellement excitée par la voiture en fait. Pendant longtemps nous avons rechigné à acheter une voiture, car même avec un enfant beaucoup de choses sont faisables en transport en commun et au besoin nous louons une voiture. Les frais sur l'année sont nettement moindres et en plus c'est écologique. Sauf que là,  avec 2 enfants, je le sentais moins bien. D'autant que j'espere bien profiter des week end pour découvrir un maximum la région de Tokyo (même si circuler en voiture n'est pas forcément la meilleure idée...) et organiser des excursions plus longues dans l'archipel. Heureusement un couple d'expatriés sur le départ revendait la sienne (ainsi que les objets cités ci-dessus) et je crois que nous avons fait une bonne affaire. C'est une Mazda Familia S Wagon, qui devrait ressembler à la voiture ci contre. Elle a 65 000 km au compteur et un GPS. Tout ca pour 120 000 Y (environ 800 euros). Nicolas a donc fait affaire avec eux hier. Elle sera disponible le 21 Décembre, et à partir de là, à nous la liberté !

 

Nous surveillons donc de près les fameuses sayonara sales, qui permettent de récupérer du matériel en bon état pour un bon prix et en plus rendent service aux autres expatriés. Pour avoir revendu tout mon électroménager à Paris via Ebay, je sais à quel point cela peut être stressant d’avoir à se débarrasser d’objets encombrants et inutiles sur le nouveau lieu de vie.

 

Sinon, dossier de visa déposé hier : Dorian a demandé la tétée à ce moment précis. Donc lieu insolite d’allaitement : l’Ambassade du Japon à Paris ! Les visas seront prêts demain, mais j’irai les chercher lundi.

 

Dans une semaine, nous serons en route pour Roissy Charles de Gaulle…enfin !

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