14 octobre 2008
Suivez le guide
Je vais encore une fois faire une entorse à mon principe de ne parler d'un livre qu'une fois sa lecture terminee. C'est que j'en connais certains qui prennent l'avion vendredi pour le Japon, et ils ont encore le temps d'aller trainer à la Fnac pour alourdir leur valise... Lors de mon sejour estival, j'ai ramene le Guide des Arts dedie au Japon, des editions Hazan. Ce livre, redige par Rossella Menegazzo, presente le Japon de la periode proto-historique à la fin de la periode Edo (milieu du 19e siecle) à travers les arts : peinture, litterature, sculpture, arts decoratifs, architecture... Il est organise autour de 5 grandes thematiques : les personnages, le pouvoir, la religion, la vie quotidienne et le monde des morts. Au sein de ces thematiques, l'auteur presente les personnages (artistes, intellectuels, hommes et femmes de pouvoir...), les lieux (capitales, temples, palais...), les oeuvres (le Dit du Genji...) ou encore les concepts essentiels en une fiche accompagnee d'illustrations commentees. Le texte est clair et tres abordable pour tout neophyte, le choix et les commentaires des illustrations eclairent particulierement bien le sujet presente. Au sein de chaque thematique, les sujets sont presentes chronologiquement, ce qui permet egalement d'apprehender l'evolution de chaque forme artistique et sa signification sociale et historique à travers le temps.
Je me régale chaque soir de cette lecture, il me faudra peu de temps pour le terminer. J'apprécie tout particulièrement de pouvoir lire une synthèse, avant de me plonger dans les détails d'un art, d'une époque. Il m'éclaire enfin sur le pourquoi de la beauté des arts japonais. J'étais auparavant envoutée, subjuguée souvent, mais sans comprendre véritablement ce qui faisait l'exception dans ces œuvres. Je compte bien emmener ce livre avec moi lors de nos prochaines virées culturelles pour pouvoir m'y référer devant une œuvre. C'est aussi l'avantage de ce livre, juste un peu plus grand qu'un livre de poche. Il reste lourd cependant, vu le beau papier glace qui le compose... C'est le drame du touriste "culturel", oblige de se coltiner plusieurs guides dans son petit sac a dos, l'un pour les bonnes adresses, l'autre pour les descriptions, que sais-je encore... (dans ces conditions, vive le e-book !).
Au passage, meme si vous etes allergiques aux musees, le Musee National de Tokyo situe dans le parc d'Uneo, est un incontournable. La galerie Honkan, presentant une selection d'oeuvres japonaises qui brille non pas par sa quantite mais par sa qualite, est à ne surtout pas rater. D'ailleurs, je m'en vais de ce pas farfouiller leur site web, mon guide à la main, pour revoir des oeuvres dont je ne pouvais auparavent apprecier l'importance...
Le Japon, guide des arts. Rossella Menegazzo. Editions Hazan.
ISBN : 2754102256
27 août 2008
Indispensable
Cela faisait un moment que je vous parlais de ce livre, Le Japon contemporain, mais je n'avais encore eu le temps d'ecrire un billet dessus. Il faut dire que revenue a Tokyo, mon temps de resistance au sommeil face a un livre est de 2 min 45 en moyenne... Il me reste la derniere partie a lire, mais je ne peux plus attendre pour vous en parler. D'autant que je sais que certains de mes lecteurs sont encore en France et voudront peut etre le ramener dans leur valise.
Ce livre est une étude, rassemblant des monographies sur l'histoire politique, économique, sociale et culturelle japonaise depuis 1945. De nombreux spécialistes y ont participe, sous la direction de Jean Marie Bouissou. 500 pages certes, mais enfin une synthèse qui donne des vraies clefs de compréhension. J'avais cherche l'équivalent a mon départ en 2007, mais rien de tel : il a du sortir peu après. Les chapitres qui ont le plus retenu mon attention sont ceux traitant des yakusas, de l'agriculture et de l'urbanisme. J'ai regrette par contre le peu de place laisse a la culture moderne. Les chapitres politiques et économiques sont tres bien écrits : entre PLD et son clientelisme, les succès du MITI, la crise des années 90, tout y est pour bien comprendre le Japon d'aujourd'hui. J'ai fait beaucoup de découvertes... par exemple que les japonais ne sont pas si "moutons" qu'on le dit, en particulier dans les annees 70, ou bien le pourquoi d'une légalisation très tardive de la pilule (1999). Je vois ce pays d'un autre œil, et mon cerveau affranchi d'un certain nombre de questions récurrentes peut s'intéresser a d'autres sujets... Pour la plupart des chapitres le style est clair, très sciences po. J'ai juste sérieusement cale sur le thème du nationalisme japonais, voila un auteur qui écrit avec ses pieds!
En principe, on se refile les bouquins dans la famille... sur ce coup mon pere a du s'acheter son propre exemplaire : le mien est avec moi, sera lu par Nicolas et me servira de reference pour des prochains billets de blog.
Une lecture très chaudement recommandée a tout (futur) expat.
Le Japon Contemporain
sous la direction de JM Bouissou, edition Fayard
09 août 2008
Quand maman rame...
(non ce titre n'a rien a voir avec la diffusion des epreuves d'aviron des JO en ce moment meme ;o) )
Depuis la tentative de proprete au mois de Juin dernier, le caractere de Romane s'etait durci. Une accalmie s'etait produite juste avant notre depart, mais bien sur le decalage horaire, le trimballement, les periodes sans maman, tout cela avait complique les choses. A Nice encore, Nicolas et moi avions du essuyer quelques coleres monumentales, alors meme qu'en notre absence la semaine precedente, passe les 48 h de panique de ne pas me voir a ses cotes, elle avait ete un petit ange avec sa grand mere paternelle. Arrivee a la campagne, Romane s'apaisa d'emblee, tout en jubilant de retrouver sa cousine Camille. Depuis 15 jours, elle a du faire au pire trois coleres, et tres vite calmees. Meme mon week end parisien n'a pas genere de crise, ni de "represailles" a mon retour. Plus significatif encore, desormais lorsque je la reprimande, fini son cri caracteristique, signe d'opposition et de declenchement probable de colere. Elle n'obtempere pas toujours pour autant, mais "entend" sa maman. Il n'y a pas que cela : a table, Romane a egalement beaucoup progresse. Rares sont les plats qu'elle refuse, elle n'oublie jamais de mettre la serviette "pour ne pas tacher ma jolie robe" et, alors que les grands discutent, elle se fait tout petite. Il y a encore un peu de progres a faire pour manger plus proprement mais on est loin du petit diablotin qui refusait de se mettre a table ! Enfin, elle a change d'attitude envers son frere. Ce n'est pas encore l'amour fou et elle sait que pour me faire bisquer rien de tel que d'envoyer une chiquenaude a Dorian jouant sagement au sol, mais elle fait part desormais d'attentions a son encontre, ne se met plus en colere lorsqu'il la touche et aime a le faire rigoler.
Petit miracle ? le changement est assez spectaculaire et on pourrait le penser. En fait, je crois que j'ai ete grandement aidee par un petit livre offert par une des grands mamans de Romane : "Zoe est jalouse" dans la serie Princesse parfaite aux editions Fleurus. En plusieurs situations, ce petit livre montre une petite fille effectivement jalouse mais aussi son cote "princesse parfaite" lorsqu'elle ne se montre pas jalouse. Romane a tout de suite accroche a ce personnage, et je ne suis precipitee a la FNAC pour trouver d'autres titres de cette serie. C'est ainsi que maintenant chaque soir nous lisons "Zoe est jalouse" et "Zoe n'est pas polie". A chaque page, Romane reflechit et reprend la petite Zoe lorsqu'elle n'est pas une princesse parfaite, "c'est pas bien du tout" dit elle en agitant son index de gauche a droite. Pourtant ce n'etait pas faute de lui avoir "enseigne" comment etre polie ou qu'elle n'avait pas a etre jalouse. En realite, le livre a materialise pour Romane les bons et mauvais comportements, bien mieux que toutes les explications maternelles (qui n'existent que pour etre contredites apparemment !) : elle comprends bien mieux ce qui est attendu d'elle et du coup elle n'exprime plus d'angoisse a travers coleres et opposition frontale. Il nous donne evidemment une bonne base pour "discuter" chaque soir et ca marche...
J'ai repere "Zoe et la generosite" : apres ces quelques jours passes avec son cousin, meme si Romane a ete habituee a partager ses jouets avec ses copines de Tokyo, il me semble qu'elle a encore a apprendre de ce cote la.
La serie des Princesse parfaite est disponible chez tout bon libraire pour enfant, en papier glace et resistant. On y trouve meme en fin de chaque ouvrage un diplome et des points a distribuer pour obtenir ce diplome. Il existe aussi une serie pour les garcons Petit ange parfait, pour celles que ca interesseraient ;o)
Par contre, si vous avez une suggestion miracle pour la proprete, je suis preneuse. Il y a 15 jours je pensais etre sur la bonne voie, nous avions instaure la culotte le jour, un tableau de points pour chaque reussite avec cadeau a la clef, mais il y eu trop d'accidents et voila que Romane refuse a nouveau d'aller aux WC... Patience patience...
16 juin 2008
Marinade
L'ouvrage dont je vais vous parler, cela faisait 6 ans qu'il etait dans ma bibliotheque : c'est un cadeau d'anniversaire qui a attendu sagement que je sois mure pour le savourer. Et cela fait un mois que je prevoyais un billet dessus, mais apres cette lecture il me fallut un certain temps pour savoir en parler. Il s'agit du Voyageur de Soseki. Ce court roman nous plonge dans la psychee de deux jeunes hommes au début du siècle. Frères, ils vivent chacun a leur manière la délicate adaptation de la société japonaise a l'individualisme a l'occidentale naissant. Le frère cadet, narrateur du roman, se retrouve spectateur, espion et messager de la dépression de son aine. Pour décrire la perplexité dans laquelle nos personnages sont plonges, Soseki ouvre de nombreuses pistes, et en particulier sentimentales et familiales. Ainsi, pour un lecteur occidental le roman a un intérêt tout particulier dans la description fine des rapports familiaux, de la place du pere, de la mere et des satellites de la famille. Les intrigues sentimentales tiennent en haleine, etant avant tout des revelateurs de la pensee des personnages. En choisissant le frere cadet comme narrateur, le point de vue est a la fois interieur et exterieur a cet univers familial, le jeune homme cherchant justement a s'extirper des conventions familiales. De meme, les deux heros etant (apparemment) a deux extremes, les points de vues se repondent et se contrastent. Ainsi, Soseki construit finement un propos psychologique, tout en maintenant un rythme romanesque fort agreable. Ceci est renforce par un structure en chapitres courts : il me semble que le roman a ete publie d'abord dans un quotidien japonais, ceci explique cela.
Ce livre me semblait anodin au depart, mais c'est en reflechissant sur ce billet que je me suis rendue compte de sa densite. Son propos principal, du moins l'interpretation que j'en fais, m'est venu tardivement. Et un livre qui marine comme cela est un livre dont on se souvient longtemps. Une lecture a mon avis indispensable.
Le voyageur de Natsume Soseki, editions Rivages.
20 mai 2008
Cuisine dietetique pour expat trop gourmand
A me voir fondre comme neige au soleil, vous devez penser que la cuisine Japonaise est reellement dietetique. Il n'en est rien. Certes, les principaux ingredients le sont, poisson, tofu et autres, et les portions sont en general moitie moindres que les portions europeennes, mais de nombreux plats n'ont rien à envier à notre bon cassoulet : Boeuf sur lit de riz, Katsu don (porc pane sur lit de riz), Yakisobas, fritures et tempuras ne sont que quelques exemples de plaisirs coupables. J'avais commence mon sejour culinaire par les yakisobas et beaucoup de plats à base de riz. Comme je cuisine le soir, tout cela n'est pas reellement recommande pour un regime...sans compter les quantites astronomiques de sushis que nos estomacs peuvent ingerer...). Meme si mes reflexes weight watchers me permettaient de reduire de moitie les matieres grasses, mon pauvre mari continuait de s'empater. Il fallait faire quelque chose...plus de legumes, de poisson grille et de tofu, moins de pates. Le livre de Kimiko Barber, Japanese Light, est venu à point nomme pour m'aider dans ma nouvelle ambition : cuisiner japonais ET faire maigrir mon gourmand de mari (apres je decline toute responsabilite concernant les croquettes au boeuf et fromage que ce dernier ramene tous les samedis du boucher du quartier !!!).
Avant de vous en parler, j'ai fait mon "homework" : j'ai teste trois recettes, de trois chapitres différents. D'abord une salade de tofu chaud aux légumes vapeurs et sauce à l'umeboshi (pickles de prune), puis un nabe au saumon et enfin hier soir une salade de poulet teryaki accompagnee de riz à sushi et d'edamame. Et je confirme : pour ces trois recettes, les matieres grasses sont restees minimales et les modes de cuisson tout a fait adaptes. De fait, maintenant je sais ENFIN me servir de ma cocotte minute pour cuire les legumes vapeur (il etait temps !).
Voici les plats, faits par MOA...
La salade de tofu à la sauce Umeboshi est dans l'assiette ronde : la sauce degage une delicieuse sensation sucre-salee, qui m'a surprise tant l'umeboshi en lui meme a un gout particulierement desagreable pour un palais europeen (les Japonais en raffolent et la presence d'une prune sur un plat les fait instinctivement saliver d'apres ma prof de japonais !). Je pense decliner cette sauce avec d'autres ingredients, tant elle nous a plu. En haut a gauche, dans l'assiette carrée, j'avais servi une salade de poulpe et tomates du livre "Aujourd'hui je cuisine Japonais" : le poulpe se trouvant précuit en barquette, c'est une salade ultra rapide à faire et delicieuse, elle va devenir un grand classique chez nous.
Deuxième essai : un nabe, une sorte de potée japonaise. Cela faisait longtemps que je voulais tester ce plat, mais je pensais qu'il me fallait un plat spécial et même un bruleur à poser sur la table au milieu des convives. Finalement ma cocotte le Creusot a tres bien fait l'affaire et j'ai cuisine ce plat directement sur notre bruleur au gaz. Apres tout, cuisine et salle a manger sont une seule et meme piece ! Et pour la premiere fois j'ai cuisine du miso, pâte fermentée de graines de soja, riz et sel, ingrédient qui m'impressionnait un peu et que je n'avais jamais eu l'occasion d'utiliser. Une fois le poisson et les légumes détaillés, il suffit de préparer le bouillon (avec le miso donc) et de tout faire cuire ensemble pendant une dizaine de minutes. Ce n'est pas vraiment un plat d'été, car cela se mange assez chaud, mais hummm c'est délicieux ! Il nous en restait : nous l'avons fini le lendemain et il était encore meilleur, les légumes et le poisson ayant confit dans le bouillon. La encore, aucune matière grasse inutile... sauf à dire que Kimiko Barber propose de rajouter du beurre tout en servant les convives : nous n'avons pas essayé, mais je n'en vois pas du tout l'utilite...
Enfin, hier soir, curieuse de gouter les edamame que nous trouvons depuis peu sur les étals du Coop, j'ai essaye sa recette de salade de poulet teryaki. Mais qu'est ce donc que l'edamame ? j'ai d'abord découvert ce légume via le blog d'Alex et d'une manière un peu surprenante : vous saurez tout ici. Plus sérieusement, voici sa fiche Wikipedia. J'ai donc demande à Nicolas de m'en ramener du supermarche samedi et cette recette etait parfaite car le reste des ingredients etaient a disposition dans mon frigo ou mon congelateur. Voila à quoi elle ressemble...
Les edamame sont ces ovales verts : cela ressemble à des feves... (edit du soir) parce qu'effectivement ce sont des fèves ! (merci Sophie... et désormais je vais contrôler de plus près ce que Nicolas me ramène quand je lui fais une liste de courses !) . Je les ai cuisine à la vapeur et ils sont vraiment tres agreables en bouche. Par contre mon poulet etait un peu sec : il faudra que je fasse cuire moins longtemps la prochaine fois. Il ne me reste plus qu'a refaire ce plat !
Mon cher mari a été très satisfait de ces tentatives culinaires. Et moi aussi tiens ! Les recettes ne sont pas des plus rapides à faire, mais il n 'y a pas de complications inutiles. En fait, comme le livre est en anglais, j'ai peut etre commence par les recettes les plus simples, car il me faut tout comprendre avant de me lancer (avec un livre de cuisine en francais je lis la recette au moins 50 fois pendant la preparation, imaginez ce que cela donne avec un livre de cuisine en anglais !). La langue est en fait le principal desagrement de cet ouvrage : les mesures sont à l'americaine, il faut donc faire les conversions (merci Internet) et certains mots du langage culinaires me sont étrangers. Des fois je prends la peine d'aller chercher la traduction, des fois non, j'improvise. Sur ces trois plats, pas de mauvaise surprise, c'est donc que j'improvise bien. Autrement, chaque chapitre est bien introduit, avec de nombreuses informations sur la cuisine japonaise. Et parmi les recettes, il y a vraiment de quoi impressionner ses invites.
Ce livre est disponible en Anglais sur Amazon : à quand la traduction francaise ?
Japanese Light, de Kimiko Barber, DK Publishing
ISBN-10 : 075662603X
ISBN-30 : 978- 0756626037
19 avril 2008
"Allo...la terre? ici, Tokyo"
Je remets à l'honneur ce billet : l'auteur m'a contactée pour m'annoncer une bonne nouvelle : le livre sera de nouveau dans les librairies au mois de Juin 2008. Vous avez été nombreux à me demander mon exemplaire, vous pourrez avoir le votre maintenant. Et en attendant, vous pouvez consulter son blog!
J'entame ici une nouvelle catégorie : ma petite bibliographie sur le Japon. 
Alors, le premier de ces livres, c'est une sorte de blog en fait, un "bookmail" comme dit le 4e de couverture : "Allo... la terre? ici Tokyo" de Nadège Fougeras, éditions Mettis. Et en fait, en le lisant, je me suis demandée si j'allais vraiment faire un blog : ca raconte l'experience d'une jeune femme et maman en expat' à Tokyo, avec moult photos et traits d'humour. De fait, elle a déjà beaucoup dit de ce que je vais vous raconter... mais, la richesse se fera des points de vue différents ;o). Ca se lit en une soirée, et impossible d'en décoller ! Ca dépayse, ca fait rire... on a envie de prendre l'avion tout de suite ! et même si tout n'est pas rose (heureusement), on se dit qu'on va vivre à Tokyo une super expérience.
Ci dessous, le lien vers la page FNAC pour ce livre, qui est deja en rupture de stock
http://tinyurl.com/2p2a6h
27 février 2008
"L'école c'est pas fait pour embêter les petits enfants"
"L'école c'est pas fait pour embêter les petits enfants" c'est une phrase que disait souvent Romane en septembre dernier : je crois savoir que c'était son cousin Jean-Baptiste qui lui avait apprise... Et bien il faut le dire, Romane adoooooooooore son école, au point que depuis quelques jours elle ne veut plus en repartir ! Quel cirque pour lui faire remettre ses chaussures ! Elle vénère sa maîtresse, Miss Kumiko et réclame à aller à l'école même le dimanche. Ca je le lui rappellerai dans une dizaine d'années...
Mais ce n'est pas de cette école là dont je voulais vous parler, mais d'un éditeur de livres pour enfants , j'ai nommé "L'école des Loisirs": non content de publier des livres jolis, pertinents et intéressants, cette maison a mis en place une formule d'abonnement pour nos chères têtes blondes. C'est une de mes lectrices expatriée au Japon qui m'en avait parlé il y a quelques semaines et j'ai sauté le pas ce soir en abonnant Romane et Dorian. Les abonnements sont organisés par classe d'age : 0-3 ans, 2-4 ans, 3-5 ans, 5-7 ans, 7-9 ans, 9-12 ans. L'enfant abonné reçoit 8 livres, 1 par mois de Novembre à Juin. Les livres sont envoyés partout dans le monde, donc aussi au Japon : cela est bien pratique pour moi qui ne peut pas me déplacer facilement vers le quartier français de Tokyo. Et puis il y a le plaisir, pour l'enfant, de recevoir un cadeau chaque mois.; et pour les parents de découvrir une nouvelle histoire à chaque fois. Pour le Japon, tarif le plus élevé, il m'en a couté 62 euros pour Romane, et 60 euros pour Dorian. Cela fait moins de 10 euros le livre, ce qui est franchement interessant. Pour la France, les abonnements commencent autour de 40 euros. Encore plus interessant ! Surtout qu'il est possible de grouper des abonnements et d'obtenir des tarifs réduits. Bref c'est du tout bon ! Un seul (petit) bémol : lorsqu'on abonne un enfant en cours d'année, on reçoit tous les livres précédemment envoyés d'un seul coup: il ne font pas d'abonnement en cycle continu.
J'ai hâte de recevoir notre premier colis.... et j'ai trouvé un cadeau de naissance idéal pour une petite fille née du coté de Singapour ce dimanche...
16 février 2008
Encore du miam miam japonais
Et oui, quand je démarre, plus rien ne m'arrête : c'est que je prends très au sérieux mes obligations de maîtresse de maison désormais, et surtout je n'en pouvais plus que Nicolas ait bien meilleure réputation que moi en cuisine. C'est donc d'un nouvel ouvrage de recettes dont je vais vous parler aujourd'hui : Sushis et Compagnie aux éditions Marabout, collection Marabout chef. J'ai en fait la précédente édition de ce livre : je l'avais acheté à Nicolas aux tout débuts de notre relation (chababada, chababada...). Nous aimions tant les sushis qu'il était indispensable qu'il s'y essaye (notez comme subtilement, à l'époque, j'exploitais déjà ses talents ;o) ) . Il l'a lu un peu distraitement puis l'a laissé dans un coin. Ce n'est qu'à Londres, où les sushis étaient réellement hors de prix, qu'un samedi matin, alors que nous n'étions encore que des DINKS* libres de leurs mouvements, qu'il nous a pris l'envie de nous y mettre. Partage des tâches oblige, Nicolas est parti en quête des ingrédients et moi du rice cooker et de la vaisselle idoine (ah ça je vous en reparlerai bientôt... ). Téméraires comme nous sommes, nous avions même invité un couple d'amis à diner pour tester les nouveaux talents de Nicolas et s'extasier sur mon bon goût en vaisselle. Ils étaient conquis d'avance : après 9 mois de grossesse, mon amie rêvait d'un bon plateau de sushis. Ce fut donc les débuts de Nicolas avec les sushis...
4 ans plus tard, j'ai réouvert ce livre, non pas pour les sushis, mais pour la "compagnie" : les autres plats proposés. Cette semaine, j'ai réalisé 2 plats : les nouilles soba en bouillon et, ce midi l'oyako donburi, poulet et oeufs sur lit de riz.
Nouilles Soba en bouillon (hem on ne voit pas les nouilles, elles sont dessous !!!)
Les nouilles furent assez réussies, quoiqu'un peu trop cuites. A vrai dire, alors que nous achetions jusqu'à présent des kits avec sauce ou bouillon pré cuisinés, réaliser le bouillon soi même change vraiment les saveurs. Et encore ! la base en est un "dashi", bouillon de poisson que les livres recommandent de réaliser soi même, alors que j'ai utilisé du dashi instantané, comme beaucoup de ménagères japonaises. Outre cette bonne recette, cela me donne la base pour imaginer d'autres alliances, comme ce soir des nouilles soba aux calamars et boules de tofu. L'oyako donburi fut aussi plutôt réussi, mais je regrette d'avoir oublié la ciboulette et de ne pas avoir assez forcé sur le dashi et la sauce soja. Romane s'en est régalée (riz+poulet+oeuf, succès garanti). Là aussi, j'imagine que je peux très bien décliner cette base avec d'autres ingrédients, notamment rajouter du chou ou des épinards à la mixture.
Ce livre donne beaucoup d'explications, sur les ingrédients et ustensiles de cuisine japonaise en particulier. Il est agrémenté de beaucoup de photos, et en particulier de vignettes montrant les gestes clef. Comme pour "Aujourd'hui je cuisine japonais" il propose des alternatives occidentales aux produits typiquement japonais. Pour l'instant je n'ai remarqué qu'un seul défaut : pour réaliser la recette dans le temps donné il faut avoir préparé à l'avance les ingrédients (cuire le riz, émincer les poireaux etc...). Dans le cas contraire, le temps de réalisation est doublé. Il n'a pas la petite touche personnelle d'Harumi Kurihara, mais donne quelques indications historiques intéressantes.
Voilà donc de quoi occuper nos palais pendant quelques mois !
Sushis et compagnie, collectif, éditions Marabout.
* DINKS : Double Income No Kids, double revenus pas d'enfants.
13 février 2008
Les Belles Endormies, c'est le cas de le dire...
Il y a un grand changement dans ma vie de tous les jours : ici, je ne trouve plus Famili, Biba, Parents ou Cosmo.... résultat, je me cultive (et oui, il y a un bon revers à la médaille !). A vrai dire, mes magazines ne me manquent pas tant que ça, et j'ai décidé que ce séjour au Japon ne serait pas qu'une affaire de gastronomie... J'ai dans ma bibliothèque une bonne dizaine de livres d'auteurs japonais que je n'ai jamais ouverts (certains offerts il y a trèèèèèèèèèès longtemps par ma chère Valerie W, pardonne moi !) : je les ai tous emmenés et je suis bien décidée à les lire sur place. Celui ci, les Belles Endormies, fut acheté juste avant mon départ (en fait dans l'édition pochothèque, qui rassemble les oeuvres principales de Kawabata). Il avait été alors recommandé par l'excellente Stéphanie Lebreton, rédactrice en chef de l'émission Les Maternelles (et oui, ca n'y parle pas que de bébés la-dedans !), comme un chef d'oeuvre de la littérature érotique. "Hé hé" vous entends-je déjà derrière votre écran, "Floflo est une petite coquine". Pas tant que cela en fait, car ce n'est pas le caractère érotique en lui même qui me donna envie de le lire mais plutôt l'étrangeté du sujet : Eguchi est un "vieil" homme de 67 ans. Sur les conseils d'un ami, il se rend dans une maison de plaisir nommée "les Belles Endormies". Réservée aux messieurs âgés, on y endort profondément de jeunes filles vierges auprès desquelles les clients peuvent eux aussi dormir... mais il leur est formellement interdit de les toucher ou pire.
Le titre de ce billet pourrait vous faire penser que je me suis mortellement ennuyée à lire ce court roman : il n'en est rien. En réalité, je pestais chaque soir contre moi même, car mon épuisement ne me permettait d'en lire qu'une à deux pages, pas plus... au délà de ça, mes paupières devenaient lourdes et le sommeil me gagnait impitoyablement. Il m'a donc fallu un bon mois pour terminer cette centaine de pages... quelle misère ! de cette lecture hachée et parfois somnambule, j'ai retenu un formidable voyage dans la psychée de l'homme japonais. Je suis sûre que l'homme occidental s'y retrouvera également. Le mystère de cette maison de plaisir n'y est que peu dissipé, et même la fin reste mystérieuse.... Hier soir, puisque j'aime à "attaquer" un nouvel auteur sans en savoir trop sur son oeuvre et sa vie au préalable, j'ai découvert que Kawabata, prix Nobel de Littérature en 1968,terminait souvent ses oeuvres sur un point d'interrogation.... de fait "Les Belles Endormies" continue de m'habiter de ses questions et mystères... J'ai enchainé sur les Chroniques d'Asakusa, quartier de Tokyo que j'avais visité lors de mon premier séjour, et je me ravis à l'avance des découvertes que je vais y faire.
Les Belles Endormies, de Yasunari Kawabata, traduction René Sieffert, disponible aux éditions "le livre de poche".
PS : avant cela, j'ai aussi lu "Ni d'Eve, ni d'Adam" d'Amélie Nothomb, mais franchement, je n'ai pas aimé du tout: ce livre ne m'a rien apporté ni sur le Japon, ni sur l'auteur. J'ai cependant aimé la conclusion...dommage qu'il faille lire plus de 200 pages avant.
28 janvier 2008
Samedi, j'ai cuisiné japonais

Et cela me donne l'occasion d'ajouter un nouveau billet à la catégorie Bibliographie : "Aujourd'hui, je cuisine Japonais". J'avais acheté ce livre à notre retour de voyages de Noces en Septembre 2006. Ce voyage a été un festival de saveurs et de plaisirs culinaires, que ce soit au sushi bar du coin de la rue qu'au Ryokan à Kyoto. J'avais très envie de manger autre chose que du sushi et ce livre est tombé à pic. Il est écrit par Harumi Kurihara, épouse d'un célèbre présentateur TV Japonais et aujourd'hui parmi les grandes prêtresses des ménagères nippones. Manifestement édité en plusieurs langues, il s'adresse aux lecteurs occidentaux, et propose des alternatives européennes à certains ingrédients qu'on trouve difficilement hors du Japon. Il traite de la cuisine familale japonaise sous tous ses aspects : entrées et amuse gueule, soupes et nouilles, riz, tofu, poissons et fruits de mer, poulet et oeufs, boeuf et porc, sushis biensûr, légumes et enfin desserts et boissons. Sa lecture est particulièrement agréable car l'auteur commente chaque recette d'explications sur l'origine des plats, de conseils et d'anecdotes familiales. Les recettes sont à première vue faciles à réaliser. Pour la cuisinière peu expérimentée que je suis, je ne dirai pas qu'elles sont faciles à réussir mais il va sans dire que je vais tacher d'améliorer mes compétences !
Recevant à nouveau Claire et Arnaud, j'ai jeté mon dévolu sur 4 recettes (pas moins !) : des oeufs à la sauce soja (shoyu tamago no zensai) en amuse gueule, des brochettes de tofu au porc émincé (tofu no tsukune) en entrée, puis du poulet au poivron rouge et vert (Tori to piman no itame ni) accompagné d'épinards frais et d'haricots verts à la sauce de sésame noir. La première difficulté fut de se procurer tous les ingrédients : j'avais pour la plupart un nom en japonais écris en romanji, mais je n'avais pas pris note de l'écriture japonaise. De toute façon, dans une allée de supermarché, il y a tellement de produits ... c'est comme dégotter une aiguille dans une botte de foin. Je me suis faite quand même un peu aider et j'ai finalisé le tout à l'épicerie bio de mon quartier.
Arrivée à la maison, illico presto j'ai étiquetté mes condiments, cela sera plus simple pour une prochaine fois. Je me suis mise en cuisine en milieu d'après midi, ce que n'a pas manqué de remarquer Romane qui a voulu m'aider et a enfilé son tablier. Aie, léger problème pour elle : elle ne comprends pas que je ne cuisine pas pour maintenant et pas pour elle. J'ai beau lui dire que nous recevons des invités, rien n'y fait. Comme à son habitude, elle s'attable et réclame "une assiette de graaaaaaaaaaaaande". Après moult énervements, elle finit par s'endormir sur la table du salon... tandis que Dorian a trouvé autre chose à se mettre sous la dent...
Hem, quelques lecteurs, qui me connaissent bien, doivent douter en lisant ces lignes : "Florence, en cuisine ? sa recette favorite c'est "Allo Sushi"!". D'autres par contre savent que parfois, il me prend des envies de me mettre aux fourneaux, surtout quand on me donne de bonne recettes (n'est ce pas Cat ? ). Alors pour dissiper les doutes, et malgré le fait que cette photo soit pitoyable (Nicolas, c'est bien aussi de se lever du canapé quand on prend en photo quelqu'un), je vais vous fournir la preuve que j'étais bien une desperate housewife samedi après midi... certainement plus Susan que Bree, mais qu'importe !

(je tiens à préciser que NON je ne suis pas enceinte sur cette photo !! ;o) )
Ca évidemment été la panique, tout n'etait pas prêt et comme la cuisine donne intégralement sur l'espace salon, je ne sais pas si nous avons reçus Claire et Arnaud dans les meilleures conditions. Qu'importe, nous avons encore l'excuse d'un emménagement récent... Le verdict ?
- les oeufs de soja, plutôt bons, mais à ne pas servir avec un verre de vin rouge (que nous avions proposé en apéritif)
- les brochettes souffraient du fait que nous n'avions pas trouvé de coriandre et que le tofu n'avait pas assez dégorgé. Elles étaient plutôt bonnes, mais manquaient de saveur et de tenue. Nicolas veut réessayer, je m'executerai avec plaisir.
- le poulet était aux dires de mes convives plutôt réussi, mais côté aspect ca n'était pas trop ça (et surtout ca ne ressemblait en rien à ce qui était présenté sur le livre!). J'aurai du le servir avec du riz : je note pour la suite.
- les haricots verts au sésame noir n'étaient pas très bons : j'ai notamment du transiger avec de gros haricots verts alors que j'en voulais des fins, et j'ai du mettre trop de sauce de sésame. Je garde la recette de côté, j'y reviendrai plus tard.
Soit qu'il ait décidé d'être diplomate, soit qu'il ait été honnête, Nicolas a été plutôt indulgent.
L'idée maintenant est de prendre une ou deux recettes par semaine et de m'y essayer...
Aujourd'hui je cuisine Japonais, par Harumi Kurihara.
Editions Octopus, ISBN 2012602959














