12 mai 2008
diversifions
(à la manière de....)
Il n'était plus question de repousser l'échéance. Deux semaines avaient passé sans que ce cap ne soit franchi, sous divers prétextes, les visiteurs du mois de mai d'abord, la maladie ensuite. Mais aujourd'hui, il le fallait : ustensiles à sortir, carotte à détailler, chauffer et mouliner. Monsieur Dorian allait ainsi connaitre pour la première fois une autre saveur que celle du lait maternel.
A peine réveillé de sa sieste matinale, le voila installé manu materna sur l'inévitable chaise haute. Comment ? Monsieur Dorian n'est pas confortablement lové dans les bras maternels pour son repas de midi ? Etrange... Regard surpris lorsque Madame I lui enroule un bavoir autour du cou. On le choisit de circonstance : Monsieur I est absent, il travaille. Alors on y met un peu de sa présence. Madame I installe son matériel : un ramequin de porcelaine, une cuillère de plastique et son appareil photo. Comme pour Mademoiselle Romane, hors de question de ne pas immortaliser ce moment. Cette dernière regarde la scène, allongée sur le canapé. Elle ne dit mot.
La cuillère de plastique, bombée de son aliment, s'approche délicatement des lèvres du bébé. Il la regarde, louche un peu. Madame I force un peu le passage..."ouvre la bouche" lui dit elle, il s'exécute, car il a confiance en sa maman. Cependant sa langue, elle, ne semble pas être si confiante : elle repousse la purée. Tout est normal pour Madame I, on ne se débarrasse pas de ses réflexes d'un coup. Elle recommence, et là sans trop d'hésitation, il avale. Flash. Pause. Elle observe le bébé. Il découvre, il semble aimer. Elle lui tend une deuxième cuillerée. Non, Monsieur Dorian, il ne s'agit pas de l'attraper avec ses mains, mais bien avec sa bouche. Il goute à nouveau. Jamais deux sans trois : une nouvelle bouchée s'approche et Monsieur Dorian la gobe tel un crapaud avalant sa proie. Soudain, panique, Monsieur Dorian cherche son pouce et de son autre main se frotte le crane : il n'en veut plus. Madame I insiste un petit peu, quand même. Elle se remémore une scène identique il y a quelques mois, pour son aînée : nous n'irons pas plus loin, nous verrons bien demain. Elle range ramequin, cuillère et appareil photo, et extirpe le bébé de son trône de plastique. Ils s'installent confortablement sur un fauteuil : la tétée peut commencer.
Plus tard, Madame I écrira à ses amies internautes qu'aujourd'hui rien de spécial ne s'est passé chez elle.
(... tous les jours dimanche)
Sortie au musée
Ce dimanche était encore pluvieux, mais heureusement les microbes avaient largement battu retraite : Dorian, Romane et moi même avions besoin d'air. C'est donc en famille que nous avons retrouve C. et sa tribu au Musée Edo-Tokyo, à l'est de la ville. Ce musée retrace l'histoire de la ville depuis la fondation d'Edo en 1590 par le shogun Tokugawa Ieyasu à travers reconstitutions, maquettes et objets. Il a été inaugure en 1993 dans un immense bâtiment qui se situe tout près de la station Ryogoku, et juste derrière le stade de sumo.



Le musée, le stade, l'accès a l'intérieur du musée.
Ce lieu est cite par plusieurs guides comme étant un incontournable. Ils ont bien raison. Surtout avec des enfants et surtout par temps de pluie. L'exposition permanente est organisée sur deux niveaux, l'un en mezzanine de l'autre. Ceci permet d'apprécier complètement la reconstitution grandeur nature d'une partie du pont de Nihonbashi, ainsi que les maisons et bâtiments construits à l'étage inférieur. La muséographie y est très réussie, les reconstitutions ainsi que l'ambiance lumineuse permettent aisément de se plonger dans ces temps anciens, sans jamais avoir l'impression de déambuler dans du carton-pâte. Il y a de nombreuses explications en anglais, et je crois un audio guide disponible, de même que des guides bénévoles parlant anglais, et d'autres langues européennes. Le musée est dense mais spacieux, permettant à nos petites puces de gambader sans crainte. Meme si à 3 ans c'est encore un peu jeune pour comprendre et retenir, j'ai pu montrer des tas de choses à poupette : là, une actrice de Kabuki, ici une maison de l'ancien temps...On peut toucher certains objets, monter dans un pousse pousse, se prendre pour une ménagère du 19e siècle...

Les porteuses d'eau, ou presque !
"argh c'est lourd !"
Romane brandissant l'enseigne d'une compagnie de Pompiers de l'ère Edo.
"A bicyclette..." : l'engin est vraiment trop petit pour moi !
Bref, une visite très intéressante dans un musée très réussi, et ceci sans ennuyer la marmaille. Un bémol cependant : nous avions choisi de nous restaurer sur place dans un des restaurants du musee proposant de la cuisine traditionnelle ("MOI" c'était le nom du restaurant !). Ce n'était pas franchement bon. Nous aurions peut être du ressortir du musée (puisque les tickets sont valables toute la journée) et tenter notre chance dans les nombreux restaurants à proximité de la station de métro, qui avaient l'air savoureux. Je me vengerai vendredi puisque nous allons passer l'après midi au tournoi de sumo.
Le calme
Lever de la maisonnée vers 8h30, petit déjeuner, habillages, nettoyage des chambres et du salon...entrecoupes de mise en route du riz pour le repas de midi, des carottes vapeur pour le premier repas diversifie de Dorian... ce dernier dort "comme un bébé" dans la chambre des enfants, tandis que Romane reste en bas dans le salon. Moi, je plie le linge propre. Plus un bruit dans la maison, pas de comptine ou de bipbip électronique, pas de babillement, pas de cris stridents féminins... je redescends et je trouve Romane endormie sur le canapé. Il est midi et demi, j'ai faim, très faim même, mais je ne vais pas les réveiller, je vais attendre et savourer cet instant de grâce, en plein jour. Une maison calme.










