3 ans au Japon

La vie trépidante d'une Desperate Housewife à Tokyo.

19 février 2008

Sacré Charlemagne

En tant que maman de deux ptis loups et bien qu'il soit peu probable qu'ils intègrent le système scolaire Japonais, ce sujet m'intéresse... ou plutôt m'interpelle. En France, via les reportages télé principalement, on a une vision des petits japonais trimmant matin, midi et soir sur leurs cahiers d'écolier. Leurs parents financent à grands frais les écoles "après l'école" dès le plus jeune âge, qui permettront à leur progéniture d'intégrer les meilleurs lycées puis les meilleures université, sésame vers la meilleure entreprise (dernière étape : le cercueil...).  A Pokémon land, malgré toute l'industrie autour de l'enfance, ce ne serait pas toujours drôle d'être un écolier.

En deux mois et demi, mes a-priori se confirmeraient... Nous voyons souvent des adolescents en uniforme scolaire le dimanche et les jours fériés. Ils se rendraient à des activités organisées par l'école, mais également dans ces fameuses officines privées de bachotage, les JUKU. L'une d'elle semble très répandue, puisque j'ai déjà vu 2 de leurs locaux ans mon quartier : il sagit de Kumon.

CIMG1578

Manifestement le fondateur a fait fortune puisqu'on retrouve cette entreprise aux USA et au Canada. Remarquez la mine réjouie du petit Toto qui leur fait office de logo : au moins on ne se moque pas de la clientèle ici...
Il y a quelque chose qui m'a littéralement effrayé dans le bus qui nous ramenait de l'école de Romane l'autre jour : il y avait une dizaine de collégiennes mais le bus était très silencieux.... normal : la plupart dormaient ! Cela donne une idée de la fatigue qui les accable....

buscollegiennes

Ceci étant dit, ceci n'est que le bout visible de l'iceberg : en faisant quelques recherches sur le net, l'on se rend compte qu'il existe certes une pression énorme, mais que le système scolaire japonais est l'un des plus performants au monde. Vous pourrez lire à ce lien des informations intéressantes sur son organisation. Il serait d'ailleurs très souhaitable que les écoliers, collégiens et lycéens français nettoient eux aussi les locaux en fin de journée....(hem, je dois faire gaffe quand même à ce que je dis, un certain amateur de Rolex pourrait me piquer l'idée...) Finalement, outre ces horaires à rallonge, ce qui fait débat reste très lié à la culture japonaise : l'enseignement est très tourné vers la communauté, et il semblerait que les élèves japonais peinent à faire preuve d'initiative individuelle. La société japonaise actuelle semble s'en préoccuper, mais l'ancrage culturel est profond... Sur ce sujet, je vous recommande la lecture d'une discussion sur le forum France-Japon, à prendre biensur pour ce qu'elle est : une discussion entre témoins de ce système.

Posté par FloaSingapour à 14:12 - Societé - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires

    L'école primaire ...

    Le sujet de l'enseignement au Japon fait débat, c'est sûr, mais quand on a autour de soi des enseignants du primaire, secondaire et supérieur en France ce n'est pas toujours très facile de se déterminer..

    Pour avoir été une maman d'élève du primaire japonais, je voulais juste commenter la grande participation demandée aux parents, ce qui veut souvent dire aux mamans, dans notre école.
    Que ce soit pour le grand nettoyage de décembre ou avant les vacances (sous les ordres des plus initiées, il fallait nettoyer à fond les classes et l'école, dans les moindres recoins) ou par exemple pour l'arrosage des plantes de l'école pendant la fermeture des vacances d'été (selon un calendrier établi avant où chaque parent avait son jour de reponsabilité) ou pour sécuriser le trajet des enfants qui vont toujours à pied à l'école ou une quantité d'autres petites demandes pas toujours évidentes quand on est etrangere.

    Il était très difficile de se faire excuser pour ces tâches, beaucoup de mamans étaient des femmes au foyer ce qui explique cela sans doute.

    J'ai beaucoup apprécié l'école primaire au Japon.
    Mais j'étais bien plus réservée pour la suite...

    Posté par azalees, 19 février 2008 à 16:34
  • Attention, il y a un hiatus entre l'école primaire et le collège! Mes enfants ont adoré l'école primaire où leur rythme était respecté. Ils allaient souvent à l'école mais les journées étaient courtes et les devoirs très raisonnable par rapport à ce que subit ma fille actuellement à l'école française. On aurait vraiment des leçons à prendre. Beaucoup de musique, de sport, de seikatsu (vie de tout les jours). Pour savoir ce que je pense du Kumon il y a toujours mon blog MDR!
    Azalees, et les bentos à préparer pour les plus petits! avec la saucisse découpée en forme de poulpe kudasai!

    Posté par Marie, 19 février 2008 à 16:51
  • Ni d'Eve ni d'Adam

    "A cinq ans, comme les autres enfants, j'ai passé les tests pour entrer dans l'une des meilleures écoles primaires. Si j'avais réusi, j'aurais pu, un jour, aller dans l'une des meilleures universités. A cinq ans, je le savais. Mais je n'ai pas réussi".
    Je m'apercus qu'il tremblait.
    - "Mes parents n'ont rien dit. Ils étaient déçus. Mon pere, à cinq ans, avait reussi, lui. J'ai attendu la nuit et j'ai pleuré".
    Il éclata en sanglots. Je pris dans mes bras son corps tout contracté de souffrance. On m'avait parlé de ces horribles sélections nippones, imposées mille fois trop tôt à des enfants conscients de l'importance de l'enjeu.
    -" A cinq ans, j'ai su que je n'étais pas assez intelligent.(...)
    Ma honte a commencé et n'a pas cessé".(...)
    J'allai contempler la nuit sur une ville ou, chaque année, la majorité des enfants de cinq ans apprenaient qu'ils avaient raté leur vie. (...)
    Rinri s'en tirait en étant le fils de son père: c'était compenser une douleur par une honte. Mais les autres, qui échouaient aux tests, savaient dès leur plus jeune âge qu'ils deviendraient, au mieux, de la chair à entreprise, comme il y eut de la chair à canon. Et l'on s'étonne que tant d'adolescents nippons se suicident." (P.68-69-70 Ni d'Eve ni d'Adam, Amélie Nothomb)
    Et un autre extrait pour le fun :
    Chaque fois qu’un détail m’intriguait, je levais la main. Les divers professeurs manquaient de peu d’avoir une crise cardiaque quand ils me voyaient brandir mes phalanges vers le ciel. Je croyais qu’ils se taisaient pour me laisser parler et posais hardiment ma question, à laquelle on me répondait de façon étrangement insatisfaisante. Cela dura jusqu’au jour où l’un de mes maîtres, avisant mon geste coutumier, se mit à me hurler dessus avec une violence formidable : -« Assez ! »
    Je restais tétanisée, tandis que tous les étudiants me regardaient fixement. Après le cour, j’allai m’excuser auprès du professeur, surtout pour savoir quel était mon crime. « -on ne pose pas de question au Sensei », me gronda le maître. « Mais, et si je ne comprends pas ? – on comprend ! »
    Je sus alors pourquoi l’enseignement des langues boitait au japon. ( 47-4

    Posté par Sophiedeno, 19 février 2008 à 16:57
  • A l'école internationale..

    ...est-ce plus cool pour les petits Japonais? Les a-t-on mis là pour qu'ils soient éduqués autrement, dans un autre système? Oui, peut-être, mais après l'école, ils vont au Kumon! L'emploi du temps d'une élève à qui je donne un cours particulier de français, en CM2: école du lundi au vendredi de 8h 30 à 15h, le mardi, mercredi et jeudi soir, Kumon de 17 heures à 19 h30, et on en remet une couche le samedi matin de 9 heures à 13 heures!

    Posté par Pascale, 19 février 2008 à 17:13
  • merci pour ces commentaires interessants !

    issus d'expériences diverses. J'avais oublié Amélie Nothomb d'ailleurs, qui mentionne également que l'université est le règne de la glandouille... juste avant l'enfer de l'entreprise. Cela m'a rappelle la directrice de mon école de commerce (parisienne et cotée...) qui répondait à une maman inquiète : "laissez vos enfants s'amuser, ils ont trimmé dur pour arriver jusque la" (à 6000 euros l'année, ma maman a eu mal à son portefeuille ce jour la !) .
    Je tiens à souligner effectivement la varieté des enseignements et la vraie place donnée au sport et aux arts y compris ménagers...

    Posté par Flo, 19 février 2008 à 17:17
  • Toute en nuances...

    ...cette Amélie Nothomb!

    Amélie Nothomb a écrit sur le Japon et sur les Japonais des stupidités (et je reste polie) à faire se dresser les cheveux sur la tête.

    Elle ne connaît pratiquement pas le Japon (et ne parle même pas la langue), mais tout ce qu'elle en dit semble être parole d'évangile en France, ça me sidère!

    Posté par Shizuka, 20 février 2008 à 09:36
  • ca fait vendre ;o)

    bcp de papier... même si j'apprécie peu cette auteur, dans le contexte des personnages cela semble tout à fait crédible : lui issu d'une famille riche, elle par nature complétement azimuthée. On imagine aisément qu'elle rende ses profs complétement dinguos... japonais ou pas !
    Ceci dit, comme pour la France, le Japon est vu à travers de nombreux prismes dont le sien. L'idée est de comprendre sa propre image à partir de ce kaléidoscope...

    Posté par Flo, 20 février 2008 à 11:01
  • Alors là!! Moi je suis au pair à madrid et les enfants ont le kumon mathématique(ils ont 5, 9 et 11ans) j'ai un peu de mal avec ça car ce sont des additions, multiplications etc enfin rien de très dur et qui peut être fait par les parents très simplement, en plus c'est même le dimanche etc trop embettant, le petit de 5ans à du mal, ça peut lui prendre une heure :s

    Posté par maé, 08 avril 2008 à 22:49

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