3 ans au Japon

La vie trépidante d'une Desperate Housewife à Tokyo.

06 février 2008

Au pied du mur

CIMG1500Il y a deux mois tout pile je prenais l'avion, aller simple, pour Tokyo. Je savais déjà où j'allais habiter, à quelle école j'allais inscrire Romane et j'avais déjà fait quelques contacts. J'avais aussi commencé sérieusement le Japonais grâce à Akiko qui venait me donner des cours particuliers à domicile. Je me relis aujourd'hui et je m'étonne moi même de sembler aussi motivée à l'époque ! Hélas, la vie de maman et, arrivée au Japon, la désorientation totale ont eu raison de mon enthousiasme et je n'ai pas fait ce qui était indispensable : travailler par moi même. Rajoutez à cela une panique réelle à l'idée de ne pas comprendre mes interlocuteurs et me voila baillonnée, ou parlant un mélange bizarre de français, anglais et langue des signes pour me faire comprendre... De son côté Nicolas suit une heure de cours par semaine à son travail, mais pour être honnête, je ne le vois pas souvent dégainer son "Japanese for busy people" et  encore moins souvent émettre des phrases dans la langue locale. Il réussit néammoins à décoder quelques hieroglyphes, ce qui m'épate toujours. J'ai travaillé les hiragana et à la naissance de Dorian, je savais les reconnaître, mais depuis mon arrivée, plus rien, mes neurones sont paralysées.
Certes, il faut donner du temps au temps, mais ne pas avoir touché mes notes de japonais une seule fois en 2 mois sous prétexte qu'elles sont rangées dans la chambre de Dorian et que je ne veux pas le réveiller le soir, c'est un peu fumeux quand même ;o) Et le temps, je l'avais puisque j'ai réussi à poster quasiment tous les jours sur ce blog... En contrepoint, je n'ai tout de même pas laissé les choses en plan. Grâce à une autre expat (que je salue si elle lit ces lignes), j'ai fait la connaissance de Mimi-san et Noriko-Sensei. Vous commencez à connaître la première, ma charmante voisine avec qui je cuisine et qui lit le blog maintenant. Noriko est une professeure qui donne des cours à domicile. L'investissement est notable (8000 Y par heure et financé sur nos deniers), mais nous avons senti qu'il était indispensable. Je pense que nous avons trouvé une  formule  interessante : nous prenons le cours ensemble le mardi soir (d'où un tarif à l'heure plus élevé que prévu). C'est une méthode structurée, chaque leçon est reprise dans une brochure et nous savons exactement ce que nous avons à apprendre pour la fois prochaine. Ce qui est interessant aussi c'est que la brochure est au départ écrite en romanji mais chaque leçon introduit de nouveaux caractères japonais qui s'insèrent dans les mots en romanji. Pas le choix, il faut les mémoriser ! Prendre les leçons à deux entretient l'émulation et nous pourrons avancer au même rythme. J'ai même pensé que nous pourrions nous obliger  à utiliser le vocabulaire japonais dans nos conversations courantes. Lors de cette première leçon il était interessant de constater que nous n'avions pas du tout les mêmes domaines de compétence. Par exemple, il connait tous les types de nombre (il y a beaucoup de façons de compter en japonais, selon que ce sont des objets, des animaux, des humains...), et moi je sais faire des phrases simples comme "j'ai mangé de sushis au restaurant" (tiens tiens bizarre que je connaisse ce type de phrase !!). Mardi prochain, nouvelle leçon et entretemps il me faut travailler la brochure...
Pour en revenir à Mimi, l'idée de départ était de trouver une personne interessée à échanger conversation en français contre conversation en japonais. A l'occasion si je pouvais découvrir le quotidien Nippon je n'en étais que plus heureuse. Cela fait 3 fois que nous nous voyons maintenant, et je peux dire que la sauce a vraiment pris. Aujourd'hui, Mimi et moi avons travaillé sur un devoir qu'elle doit rendre à son cours de Français. Il sagissait d'un petit texte sur les "Otakus" (les fanatiques de mangas, collectionneurs compulsifs et vivant dans leur bulle). Le vocabulaire et les tournures de phrase étaient plutôt élaborées : elle avait à répondre à 2 questions qui auraient posé bien des soucis à de jeunes bacheliers. Je l'ai aidée à comprendre le texte, éclairé sur le vocabulaire. Dorian que j'ai du prendre dans mes bras à un moment a un peu déconcentré mon interlocutrice, mais c'est tout à fait compréhensible ;o) . Puis elle m'a montré comment cuisiner les nouilles, plat qui a nos faveurs à la maison, ainsi que des épinards à la sauce sésame (miam, j'ai noté la recette, j'en avais déjà mangé chez Sophie d'ailleurs ;o) ). Son mari est venu nous rejoindre : il parle anglais mais le jeu justement a été de parler le plus possible en Japonais, Mimi aidant à traduire. Dans ce contexte calme, toutes mes écoutilles étaient ouvertes pour repérer les mots, tenter de comprendre les questions (il est très curieux le mari de Mimi, mais ca ne me dérange pas ;o) ) et progressivement je me suis sentie en confiance pour construire des phrases en Japonais. A mon départ, ils m'ont offert un Daruma : c'est ce petit personnage rouge sur la photo. Il sagit de faire un voeu et de dessiner un seul oeil au feutre noir. Lorsque le voeu se réalisera, on pourra dessiner l'autre oeil. J'ai fait mon voeu sur le champs, voeu que je ne peux biensûr réveler. Mais ce que je peux vous dire c'est qu'il est étroitement lié à tout ce que je viens de vous raconter....
Je suis donc au pied du mur : je suis au Japon, je prends des cours à mes frais, je rencontre régulièrement des japonais justement pour parler leur langue. Le mur est tellement près que je sens mon nez tout rapé par ses briques.... et maintenant Monsieur Daruma me regarde depuis ma bibliothèque, me rappellant mon voeu...

PS : pour Mimi, en français être au pied du mur signifie qu'on ne peut plus reculer pour faire quelque chose. On doit "passer ce mur".

Posté par FloaSingapour à 17:07 - Langue - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

    Rends-toi en mairie et demande la liste des cours de japonais fait par des volontaires. Sinon, voici un moteur de recherche de ces cours de volontaires: http://www.tnvn.jp/data/
    le cout est ridicule (c'est comme ca que Claire a suivi ses cours de japonais - elle avait possibilite de laisser le bebe en garderie (organise par la mairie) mais il etait pas encore la)
    Il y a aussi des cours dispenses par des futurs professeurs de japonais auxquels tu peux assister moyennant une remuneration (c'est toi qu'on paye! si! si!) de 1000yen environ - du cote de Shinjuku, il y a un de ces etablissements. Par contre, c'est comme a l'ecole, tu ne dois pas secher les cours et tu t'engages pour un trimestre (tu peux faire plus)! Je ne me souviens plus du nom de l'organisation, je vais tacher de te retrouver ca pour dans ton futur!

    Posté par Arnaud, 06 février 2008 à 17:35
  • courage

    tu es une vraie polarde et tu as toujours été douée pour les langues. là tu attaques effectivement un sacré morceau mais je suis sure que tu vas y arriver ! continue tes efforts petite soeur !
    bisoux

    Posté par farcata, 06 février 2008 à 19:19
  • merci ;)

    Arnaud : oui, Shizuka m'a parlé de ce type de plan, mais la qualité des enseignants peut etre aléatoire d'après elle...et ton site, ben il est tout en japonais lol. Pour l'instant on y met nos sous, ca ne sera que plus motivant... mais apres un temps on essayera de trouver des cours moins onéreux
    Merci grande soeur

    Posté par Romane, 06 février 2008 à 23:11
  • J'aurais aussi propose les cours gratuit ou presque par la mairie et pour les etrangers.
    ce sont des cours prives, apres tu peux decider si ils sont bons ou pas.

    Ceux que j'avais ete tres bien, je pense que du dois utiliser Ninna no Nihongo?? c'est aussi celui que j'avais utilise et en meme pas un an , a 1 heure par semaine j'avais finit le 1er livre.

    Donc tu devrais tenter, ca cote rien, ^^
    Ca te feras meme un excercice en plus de ton cours du soir.

    Cherches le centre international de ta ville.

    Posté par Megu-chan, 07 février 2008 à 17:36
  • j'adore !

    le principe du personnage qui te rapelle ton voeu, dessiner un oeil, puis le 2e quand il est réalisé, c'est plein de poésie !!!!
    Bon courage pour tes cours !!!

    Posté par litouli, 08 février 2008 à 06:04
  • Et c'est ce qui me manque à moi, la motivation pour apprendre le chinois. Si j'étais au pays je l'aurais c'est sur! Pas le choix! Et beaucoup plus facile que là... Le hic c que ici ca ne me sert pas et surtout l'écrit, du coup j'oublie tout ce que j'apprends car je ne m'en sert jamais.
    Toi tu as à te servir tous les jours des caractères japonais alors ca aide je pense, non?

    Posté par Aurélie, 13 novembre 2008 à 01:10

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